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27 mai 2007

Commentaires

jean-marie wolff

Certes, le score de Nicolas Sarkozy peut être considéré, à l'aune des résultats habituels de la Présidentielle, comme sans appel. Mais le 6 mai n'a pas été une élection comme une autre.

Il faut saisir son caractère historique et la comparer à celles de 58 et de 81. En 81, on a tourné la page du gaullisme. Aujourd'hui, on referme celle du progressisme.

Or si en 81, personne n'est descendu dans la rue pour contester les réformes qui allaient mener notre pays au désastre que nous connaissons, il n'en sera pas de même cette fois-ci.

La particularité de la gauche, c'est sa condescendance, sa certitude d'avoir raison parce qu'elle s'appuie sur une vision généreuse voire lumineuse de l'homme. Malgré les discours sur la tolérance, on est au fond persuadé qu'on est dans le camp de la vertu.

Qu'a-t-on fait depuis 25 ans ? on a donné, on a distribué, on a assisté; on a encouragé l'excuse, le renoncement, la faiblesse. Facile tout cela, et ça ne mangeait pas de pain.

A présent, il va falloir régler l'ardoise et revenir à la réalité. C'est une secouante remise en cause qui nous attend. Le retour sur terre va être brutal.

Aussi faut-il s'attendre à des crispations de toute sorte : personne ne renonce facilement à son confort. C'est la raison pour laquelle Nicolas Sarkozy a besoin d'une majorité écrasante pour faire taire les blocages.

Certes, ce n'est pas l'idéal pour la démocratie car on est toujours tenté de profiter du pouvoir; mais il me semble que c'est un risque que l'on doit courir pour faire passer les réformes les plus impopulaires.

jean-marie wolff

LA FIN D'UNE ILLUSION

-1980 : naissance du syndicat Solidarité.
-1989 : chute du Mur de Berlin.
-21 avril 2002 : Le Front National arrive devant le Parti socialiste
à la Présidentielle.
-10 et 17 mai 2007 : une certaine idée du progressisme, largement inspirée par 'idéologie communiste,disparaît du paysage électoral.
Le 21 avril avait marqué le début de la fin du progressisme, ou du moins celui qui s'appuyait sur une vision idyllique de l'homme. Dès lors, le retour à la réalité, c'est-à-dire aux valeurs qui ont toujours fondé notre civilisation, était inscrit.
Vingt ans auront donc été nécessaires pour suivre le même chemin que les pays de l'Est, et rejeter cette vision de l'homme trop éloignée du réel. Mais si là-bas il a fallu le goulag pour maintenir en place le système, c'est la police de la pensée qui a permis chez nous de faire taire les opposants.
Les quelques jours qui nous séparent du 17 juin présentent un caractère historique, car ce sont probablement les derniers feux d'une pensée agonisante qui vont tenter d'éclairer encore un peu le débat politique. Le 17 juin à 20 heures, une page se tournera. Brutalement. Définitivement peut-être. Sûrement pour longtemps. Et ce quelle que soit l'ampleur d'un éventuel échec de Nicolas Sarkozy. La mondialisation capitaliste et l'individualisme forcené en auront eu raison.
En se modernisant, c'est-à-dire en abandonnant définitivement sa vulgate gauchiste et révolutionnaire, le P.S. aurait pu battre la droite. Mais il n'a pas fait cette nécessaire amputation. Il est donc rapidement condamné à se recentrer pour créer un pôle progressiste moderne qui pourra faire pièce à la droite. L'alliance avec le MoDem est la seule façon de nourrir l'espoir de la reconquête. On en verra les prémices au soir du 10 mai. Mais Bayrou, qui veut dominer ce nouveau centre gauche, préférera la défaite plutôt que de se fondre dans le P.S.
Laurent Fabius doit aujourd'hui se mordre les doigts d'avoir fait la pari du non au référendum, et d'avoir incarné la gauche du P.S. Pour exister, il devra quitter le P.S. et s'agglomérer avec Besancenot car il ne pourra pas retourner une deuxième fois sa veste.
Mais pour l'instant, les socialistes semblent vouloir mettre la charrue devant les boeufs. C'est le leadership qui compte et non le projet. Et l'on se demande si ce qui n'a pas été possible après la débâcle de 2002 le sera après le score honorable de Ségolène. Cette dernière tente de surfer sur son élan comme l'avait fait Jospin en 95, mais elle ne semble capable ni d'avoir l'humilité nécessaire pour se pencher sur son échec, pardon sa non-victoire, ni de travailler en équipe, deux conditions sine qua non pour l'emporter en 2012.
Mais nécessité fait loi et nous devrions avoir d'ici la rentrée une évolution des esprits vers un P.S. moderne, qui s'inspirera assez largement du programme social-libéral de JM Bockel. Celui-ci l'a d'ailleurs annoncé, si d'ici septembre son parti n'a pas évolué, il le quittera.
L'on peut donc sans crainte annoncer la fin de cette gauche marxisante, mais il serait présomptueux de faire les mêmes prédictions pour l'extrême droite. Si N. Sarkozy a raflé la moitié de son électorat, c'est bien parce qu'il en a fait de même avec ses idées. Or on peut gager que si le pouvoir en place ne réduit pas la délinquance de façon drastique, le FN renaîtra de ses cendres car c'est vers certaines de ses idées-force que souffle le vent de l'histoire.
Une certaine gauche se prépare à être enterrée quand une certaine droite se prépare à une traversée du désert. Ce n'est pas tout à fait la même chose.

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